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Chaque auteur est responsable des documents, informations et explications des dossiers qu'il présente ci-dessus.
Le Cercle Numismatique Dainvillois décline en conséquence toutes responsabilités sur ces sujets.

Les monnaies de nécessité pendant la guerre 14-18


    

Le 23/12/1865, à l’initiative de la France, la Belgique, l’Italie et la Suisse était créée l’Union latine qui était en fait l’euro avant l’heure.
Cette union monétaire mourra avec la guerre de 1914-1918 alors qu’elle comptait 25 pays membres.
Les monnaies: francs français, belges, suisses, lires, pesetas, pesos ... ont toutes les mêmes poids, titre d’argent et module et circulent dans tous les pays.
La guerre et la mauvaise monnaie qui en découlera vont chasser de nos porte-monnaies ces bonnes pièces d’argent.



Ecus belges, italiens, français et les premières "semeuse" de Roty
qui sont quelques unes des monnaies de l'Union Latine

Dès la fin de 1914, nos communes ont de lourdes charges à payer, mais les monnaies d’argent ne sortent plus des bas de laine.
Elles décident (après concertation) de créer leurs monnaies provisoires pour pallier l’absence des semeuses en argent.



    


    


Ces billets ou bons communaux des villages environnants sont pour la plupart unifaces ou avec un simple cachet au dos. Ceux ci, émis en 1915 figurent parmi les dernières émissions autorisées par les autorités d’occupation allemandes.

On serait surpris de connaître les voyages effectués par ces " billets " retrouvés parfois bien loin de leur village d’origine…!

On peut s’étonner aussi que nos parents, grands-parents qui les ont souvent utilisés nous en aient parlé si peu…

Les grandes villes et groupements de communes

Rapidement, l’occupant allemand, se rendit compte du peu de crédit que l’on pouvait accorder à nos monnaies de villages et décida dès le mois de Janvier 1916 de ne plus autoriser que les billets des grandes villes ou des groupements de communes.


    

Dès lors, nos communes ont été contraintes, soit d’emprunter aux grandes villes qui se sont souvent montrées récalcitrantes de peur de ne jamais obtenir le remboursement, soit d’adhérer aux syndicats et groupements de communes qui ont fleuri un peu partout dans la zone occupée.



Les petites valeurs très utiles au quotidien, sont imprimées sur carton (voir ci-dessous, pour Lille)

En 1915, le Gouverneur Allemand de la ville de Lille, occupée, doit rédiger un Avis concernant la validité des Bons Communaux.
Ce texte est d'une grande importance puisqu'il montre, implicitement, la validité de la circulation des Bons mais aussi tout l'intérêt économique de ces Bons sans lesquels aucun échange de base n'était possible.
En 1927, dans le Pas-de-Calais, la préfecture organisera le retrait de ces Bons Communaux ce qui montre que jusqu'à cette date les Bons circulaient encore et que l'échange contre de la monnaie officielle s'est effectuée ce qui prouve le côté "officiel" de ces émissions même si, probablement, cet aspect a été imposé par les évènements.

Les prescriptions parues dans le Bulletin de Lille du 29 juillet 1915 (N°74) et du 19 août 1915 (N° 80), concernant la validité des bons de ville dans le territoire du Gouvernement de Lille, sont changées comme suit :

AVIS

« Les bons de ville émis dans les arrondissements de d’Arras, Cambrai, Douai, Lille et Valenciennes, doivent être acceptés par la population, sans égard du lieu d’émission. Les habitants qui refuseront ces bons ne pourront réclamer un autre mode de paiement. »

Lille le 11 novembre 1915
Le Gouverneur

Quelques billets prestigieux

Prestigieux de par leur valeur, de leur rareté et de leur forte valeur nominale.


    


Ces billets n'ont pas circulé réellement, leur valeur faciale est trop importante. En revanche il est probable qu'ils ont servi à payer les dommages de guerre imposés par les allemands qui se retrouvaient avec une monnaie, qu'ils avaient eux-mêmes officialisé (voir plus haut) mais avec peu de chance, après la guerre, d'obtenir une conversion en espèces émises par la Banque de France.

Quelques " billets " de groupements communaux


    

Échantillons de bons collectifs :


    

Toujours en zone occupée

Dans notre région, certains grands groupes industriels et notamment les compagnies des mines ont émis leurs bons de monnaie.
Ainsi le village de Cantin, au lieu d’émettre sa monnaie a préféré emprunter à la Cie des mines d’Aniche.


Quelques monnaies métalliques aussi ...


    


    

Les petites valeurs ont été émises sous forme de monnaie métallique par des entreprises voire même par des commerces. Ce sont souvent des valeurs inférieures à 1fr.
Une variante qui fait le bonheur des numismates et des philatélistes : les timbres monnaies, sous pastille en alu et, avec une publicité pour l'établissement émetteur.


    

Les Chambres de Commerce

En même temps, dans les territoires non occupés, les Chambres de Commerce s’étaient mises à émettre des billets de petite et moyenne valeur qui s’avéraient nécessaires au commerce avec le public.
(Les 5 f de l’Union latine et les 0,50- 1 et 2 f semeuses en argent étant thésaurisées et introuvables)


    


    


    

La " mauvaise " monnaie arrive

A partir de 1920, il faut revenir aux monnaies officielles. Il n’est plus question de pièces en argent. Mais l’état n’ose pas émettre des monnaies de bas aloi et demande aux Chambres de Commerce de faire pour son compte des 50 cmes, 1 et 2 francs en bronze d’aluminium sur une gravure de JF DOMARD.
Ce n’est qu’à partir de 1931 que l’on reverra des pièces de la république (type MORLON) toujours en br. Alu.
Pire encore, avec la seconde guerre nous verrons arriver même des pièces en zinc et en aluminium ...
Il faudra attendre 1960 pour revoir quelques pièces en argent, mais l’ère des bonnes monnaies est bien finie.




Par André Sylvain
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