Les moules de faux monnayeurs
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Les outils des faussaires : les moules monétaires
Ce sont des moules de terre cuite imprimés des deux côtés :
- l’un porte la trace du droit
- l’autre la trace du revers
Ces moules ont été réalisés à partir de monnaies en très bon état permettant ainsi, sur l’argile, de laisser une belle empreinte.
Ensuite on coulait la monnaie grâce à une rigole prévue à cet effet.
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La rigole pour faire couler le métal |
Les moules de terre cuite
Les découvertes de ces moules sont multiples :
- Lyon en 1911 (MONNAIES ROMAINES, Archéologie et Numismatique à Lyon, de A.Audra et P.Mathey, publié par l’Association pour la promotion de l’archéologie en région Rhône-Alpes, 1992) : notamment un denier de Julia Domna (épouse de Septime Sévère 193-211)
- Arras : des deniers d’Alexandre Sévère, Julia Domna, des antoniniens de Gordien III tous frappés au III siècle (ARRAS Ville Antique, aux origines d’une cité bimillénaire, par Alain Jacques, Service Archéologique Arras, 2000)
Voici d’autres types du IV éme siècle pour illustrer notre propos :
- Premier Moule
 On voit bien sur ces photographies les deux moules qui ont été utilisés pour la fonte
 Follis de Maximin II d’Aza
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- Deuxième moule : probablement un Argenteus de Constance Chlore (la couronne laurée nous laisse supposer qu’il s’agit d’une empreinte d’un argenteus, le portrait s’apparente plutôt à Constance Chlore)
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Argenteus de Constance Chlore (293-305)
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- Troisième moule
La première empreinte est celle d’un follis de Galéria Valéria Fille de Dioclétien (284-305)

La seconde empreinte du même moule est difficile à identifier, c’est une frappe de Siscia au type GENIO IMPERATORIS, sans doute pour Galère époux de G Valéria)
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Monnaie coulée de POSTUME (259-268)
 Trace de l’arbre de coulée
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Pourquoi ces copies de monnaies ?
La question est simple, la réponse pas si évidente qu'il n'y paraît.
La tentation de mettre sur le compte de margoulins-faussaires la fabrication de ces monnaies est grande. Pourtant ...
Les monnaies de Postume ont été souvent imitées si bien qu'il existe sans doute plus d'imitations que de monnaies "pur jus" sur le marché, notamment pour les bronzes de type double sesterce.
Peu de temps après Postume, sous les empereurs gaulois Tetricus I et Tetricus II, les imitations furent nombreuses et plus personnes ne pense aujourd'hui que ces imitations (les fameux "minimi") sont oeuvre de dangereux faussaires. La thèse que ces monnaies sont des monnaies de nécéssités est avérée.
Il est probable que, dans ces temps mouvementés, le besoin en numéraire s'est fait cruellement sentir au point que, ne disposant pas du matériel nécessaire à la frappe de la monnaie, les populations, livrées à elles-même, ont trouvé ce subterfuge pour fabriquer la monnaie indispensable au commerce local.
Nous serions donc en présence de moules d'ateliers locaux.
La fabrication n'a pu être pléthorique, en effet, chaque moule ne pouvait servir qu'une seule fois.
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